A Wimbledon, une queue pour renforcer la tradition

Queue Wimbledon

A Wimbledon, la tradition est presque plus importante que le jeu. Outre les tenues blanches ou le Sunday Off, une billetterie à l’ancienne existe toujours pour permettre aux curieux de venir assister aux rencontres du grand chelem londonien. Présentation.

Wimbledon s’achève ce dimanche avec une finale entre Novak Djokovic et Kevin Anderson. Un duel qui clôt la 132e édition du Grand Chelem sur herbe. Un tournoi où la tradition règne autant que le tenant du titre. Et si les athlètes doivent suivre certaines règles bien précises dictées par l’héritage londonien, les supporters, eux, peuvent en profiter d’une autre. A Wimbledon, il est possible d’acheter des billets à un guichet. A l’ancienne.

Wimbledon, terre de tradition

Pour voir les meilleurs joueurs de tennis s’affronter sur le gazon parfaitement taillé du All England Lawn Tennis and Croquet Club, vaut mieux se lever tôt. Que cela soit pour passer par la traditionnelle loterie ou pour intégrer « The Queue ». Pour acheter les derniers tickets disponibles à un guichet, les fans de tennis sont prêts à patienter plusieurs jours. Dans un champ jouxtant les courts, du premier au dixième jour de compétition, de nombreuses tentes sont installées par des fans en quête d’un précieux sésame. Ils sont plusieurs milliers chaque jour à rêver d’accéder aux tribunes qui se trouvent à quelques mètres. Mais pour parcourir cette courte distance, il vaut mieux s’armer de patience. 1500 places, pour les trois principaux courts, sont vendues le matin même. Pas suffisant pour les jours où la file est composée de 5 000 à 10 000 personnes. Les déçus n’ont alors qu’à recommencer le processus pour la journée d’après. Mais plus qu’une attente, il s’agit d’une atmosphère unique dans le tennis moderne. Et une chance rare d’admirer ses héros.

Des pro du tennis parmi les patients

Patienter jusqu’à 24h pour pouvoir s’asseoir sur le Central de Wimbledon relève d’un exploit. D’autant plus avec le capricieux temps londonien pouvant offrir successivement pluie ou chaleur étouffante. Et les joueurs en sont conscients. Certains viennent goûter à cette ambiance si particulière en rendant une visite aux supporters. Une chose unique au moment d’acheter des billets de tennis. Ca a été le cas de Caroline Wozniacki en 2014 par exemple. Cette année, Roger Federer a avoué rêver de rencontrer ses fans les plus fervents présents dans la queue.

Une queue réglementée

Si l’ambiance est bonne et le but agréable, tout n’est pas que plaisir dans la queue. En plus de la patience, il faut savoir se tenir pour arriver à ses fins. Bienséance anglaise oblige. Des règles de bonne conduite existent. En cas d’infraction, le coupable se fait confisquer sa Queue Card, symbolisant la place dans la file. Tout est alors à recommencer pour espérer assister à un match. Ainsi, il n’est pas possible de séjourner dans une tente de plus de deux places, il ne faut pas abuser de l’alcool, payer en espèces et surtout shame on celui qui essayera de dépasser son voisin. Une absence de la queue ne doit pas dépasser 30 minutes, le temps de subvenir à ses besoins primaires. Malgré ces nombreuses contraintes, les passionnés sont toujours plus nombreux. A Wimbledon, la queue est aujourd’hui une attraction à part entière. Plus qu’une opportunité unique d’admirer Nadal, Federer ou Serena Williams, c’est une plongée unique dans la plus pure tradition du tennis anglais.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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