Ashleigh Barty, les succès dans l’ombre

Ashleigh Barty tennis

17e mondiale, Ashleigh Barty se présente à Roland-Garros avec l’espoir de réaliser une performance. Un titre sur la terre battue parisienne pourrait enfin mettre en lumière une jeune joueuse dont la carrière est déjà jalonnée de succès.

Ashleigh Barty ne fait pas de bruit, mais elle grimpe dans le classement WTA. Ce mardi, elle s’apprête à défier Natalia Vikhlyantseva en visant déjà plus haut. La tenniswoman fait preuve d’une régularité rare sur le circuit féminin. Depuis octobre 2017, elle oscille entre la 23e et la 16e place. Il s’agit presque d’un exploit pour cette joueuse âgée de seulement 22 ans. Ce strapontin dans le top 25, elle l’a gagné à la faveur d’une saison 2017 remarquable. 271e le 2 janvier, elle a bouclé son année à la 17e place grâce à des finales à Sydney, Wuhan et Birmingham, et un titre à Kuala Lumpur.

La tête de série numéro 17 de Roland-Garros crée la surprise en permanence. Quand elle gagne le tournoi malaisien, c’est après être passée par les qualifications. Si sa progression semble linéaire, sa carrière, elle, est un véritable grand huit entre exploits et retraite anticipée.

Ashleigh Barty avant Roland-Garros
Ashleigh Barty peut viser loin (©UnderSport)

Des débuts canons

Ashleigh Barty a fait parler d’elle avant de rejoindre le circuit professionnel. À seulement 15 ans, l’Australienne remporte l’épreuve junior de Wimbledon. Un succès qui la propulse sur le devant de la scène d’autant plus qu’elle brille à l’échelle nationale. Fin 2011, elle conclue un riche parcours sur le circuit ITF en remportant un tournoi australien qui lui offre une invitation pour l’Open d’Australie 2012. Dans ce tournoi, où elle est la plus jeune, elle élimine des joueuses qui ont 10 ans de plus qu’elle. Si la native d’Ipswich ne réalise pas de résultats incroyables, elle glane les points suffisants pour entrer dans le Top 200 à 16 ans. Mais surtout, elle gagne de l’expérience pour la suite de sa carrière.

Un parcours remarquable en double

La joueuse de tennis utilise d’abord cette expérience en double. En 2013, avec sa compatriote Casey Dellacqua, elle atteint la finale de l’Open d’Australie, de Wimbledon et de l’US Open. Un exploit pour une débutante à ce niveau. Des résultats qui s’explique avant tout par le plaisir. « J’aime jouer en simple mais j’adore également participer aux tournois de doubles. J’en fait moins mais j’ai eu la chance de connaître le succès. Je veux réussir autant en simple qu’en double. » nous a-t-elle confié. En 2017, elle jouera la finale de Roland-Garros. Mais perdra une nouvelle fois.

Entre temps, le succès et la pression sont arrivées vite. Trop vite. En 2014, après une année délicate où son niveau stagne, la fille d’un indigène australien décide de faire une pause. A 18 ans, elle se retire du circuit professionnel de tennis. Fatiguée, elle fait un break d’une durée indéterminée. Une décision forte qui prouve que ce monde est sans pitié pour les joueuses en devenir. « J’ai été victime de mon propre succès » avoue-t-elle, résignée, au Guardian.

Ashleigh Barty WTA
Ashleigh Barty aurait pu quitter définitivement le circuit WTA à 18 ans. (©UnderSport)

Ashleigh Barty : une joueuse de cricket

Mais ce talent n’est pas resté éloigné du sport très longtemps. « J’avais besoin d’être moi-même. J’avais du temps libre, je regardais du cricket et en jouait avec mes amis, puis j’ai eu une opportunité. » explique-t-elle à UnderSport. Un nouveau challenge qui l’intéresse. Loin de la solitude de la joueuse de tennis, elle profite de la camaraderie de ce sport réputé dans le Commonwealth. A l’aise en découvrant la discipline à un niveau local avec les Queensland Fire, elle est recrutée par le Brisbane Heat pour la première saison de Women’s Big Bash League.

La jeune femme fait partie du premier exercice féminin semi-professionnel de cricket en Australie. Et le 5 décembre 2015, pour son premier match dans l’élite, elle score 39 points. Des débuts de rêves qui lui permettent d’être une titulaire régulière. Mais à la différence de points, sa formation manque les playoffs. Et après seulement neuf matches, elle se retire du monde du cricket. Au grand regret d’Andy Richards, son coach. « Si elle continuait à jouer à ce niveau un an de plus, elle aurait eu sa place en équipe nationale. » Mais c’est bien l’équipe de Fed Cup que la joueuse de tennis a retrouvé.

La confirmation

Février 2016, l’Australienne retrouve son premier amour : la petite balle jaune. Des débuts sur le circuit ITF et en doubles qui lui permettent de recommencer doucement. Mais cela reste compliqué. « C’était très difficile au début, il a fallu travailler très dur et faire des sacrifices mais c’était ma décision : j’étais guidée par ma passion. » Avant de réaliser une excellent saison 2017, la joueuse d’1,66m n’arrive même pas à retrouver son meilleur classement d’avant retraite : 123e. Mais avec Ashleigh Barty, tout va très vite.

En un an, elle s’est imposée comme une candidate crédible aux places d’honneurs. L’année 2017 placée sous le signe de la réussite grâce à un nouveau staff marque un tournant. « J’ai changé un peu mon équipe, aujourd’hui j’ai le meilleur coach possible » explique-t-elle. Des conditions suffisantes pour lui permettre de viser plus haut ? « Mon objectif est de consolider ma place dans le top 20 et de réaliser les performances nécessaires pour continuer à progresser. La prochaine étape ? Le top 10. Je sais de quoi je suis capable, quelques grosses performances peuvent m’aider à y arriver. » annonce la joueuse de tennis avec ambition.

Cela peut se passer dès la quinzaine parisienne, où elle a gagné son premier match en Grand Chelem à 17 ans. Pour franchir ce cap, il faudra déjà passé le premier obstacle nommé Natalia Vikhlyantseva. Et si le simple ne lui permet pas, elle peut compter sur le double où elle est numéro 5 mondiale pour y arriver. Et enfin rentrer dans la lumière.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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