Comment un tournoi de tennis attire des joueuses ?

Le court Patrice Dominguez, aux internationaux de Strasbourg

Au fil du temps, les Internationaux de tennis de Strasbourg sont devenus la répétition générale de Roland-Garros pour les joueuses de tennis. Mais comment un tournoi WTA attire les joueuses ? Éléments de réponse.

Ce samedi, la 32e édition des Internationaux de Strasbourg se terminera avec un affrontement entre Dominika Cibulkova et Anastasia Pavlyuchenkova. La première est une ancienne numéro 4 mondiale, la seconde sera tête de série à Roland-Garros. La gagnante repartira avec 280 points pour le classement WTA, mais également le plein de confiance au moment d’aborder le deuxième Grand Chelem de l’année. Elle inscrira également son nom aux côtés de Maria Sharapova, Jennifer Capriati, Steffi Graf ou Jana Novotna au palmarès de l’épreuve alsacienne. Mais comment la capitale européenne arrive à attirer ces tops joueuses ?

De l’importance d’une tête d’affiche

L’aspect financier est évidemment primordial. C’est lui qui a permis d’attirer Maria Sharapova en 2010. La Russe, qui l’emportera, a permis au tournoi de changer de dimension. « C’est des engagements financiers qui permettent de faire venir une star mondiale dans une ville qu’elle connaît à peine. » explique Denis Naegelen, le directeur des IS. C’est efficace en terme de renommée : les tribunes sont pleines dès les demi-finales, pour la première fois des gens ne peuvent pas avoir de place et le nombre de diffuseurs de cette édition-là passe de un à cinq.

Mais la bonne opération réalisée sur le terrain a un impact sur la trésorerie. « On a cassé la tirelire une fois pour Sharapova, cela a changé notre réputation, mais abîmé notre porte-monnaie. Il n’y a pas de retour sur investissement en terme financier. Alors on a changé de stratégie pour devenir la meilleure préparation à Roland-Garros. » poursuit celui qui a racheté le tournoi en 2009.

Fiona Ferro et une arbitre de tennis
Oui mesdames, il s’agit bien de la même terre battue qu’à Roland-Garros. (© UnderSport)

Simona Halep a voulu venir

Être une semaine avant l’un des plus grands tournois de tennis du Monde empêchent d’attirer les toutes meilleures joueuses. Les tenniswomen du top 10 préfèrent se reposer pour remplir leurs objectifs de la quinzaine parisienne. Une tactique encore plus vraie maintenant que Madrid puis Rome ont pris énormément de poids juste avant les IS. Hormis une perte de confiance ou une élimination précoce, elles préfèrent récupérer que d’aller à Strasbourg.

Non sans oublier les Internationaux de Strasbourg comme une alternative crédible. Simona Halep s’est renseignée pour jouer au pied du parlement européen en cas de défaite prématurée à Rome. Pour le reste du top 50, c’est bien Strasbourg qui a les faveurs des joueuses. En confrontation avec Nuremberg, c’est dans l’est de la France que les outsiders se préparent. « Pour séduire les joueuses, on mise sur les mêmes conditions qu’à Roland-Garros. » avoue Denis Naegelen.

Une ancienne demi-finaliste de Roland-Garros qui s’entraîne à Strasbourg.

Un tournoi de tennis sur-mesure

Les courts sont construits de la même manière : les mêmes matériaux des mêmes carrières sont utilisés par les mêmes ouvriers pour produire la même terre battue que sur le Central parisien. Les balles sont aussi exactement identiques. Elles viennent du même fournisseur et sont fabriquées au même moment pour éviter des différences microscopiques. « Quand le camion rempli de balles va à Paris, une camionnette dévie vers Strasbourg » rigole l’ancien tennisman à la tête du tournoi.

Mais l’Alsacien avoue que ce choix a un coût. « En raison de cette volonté, on doit payer nos balles alors que cela fait généralement partie du sponsoring. On est un des seuls tournois WTA à payer nos balles. » Pour attirer les joueuses de tennis, l’organisation a également travaillé sur l’hospitalité. Le stade et les hébergements ont été déplacés ces dernières années. Plus proches et désormais à proximité du centre-ville, cet effort a été apprécié par Ashleigh Barty « J’aime Strasbourg. Je préfère être ici qu’à Paris. » ou Pauline Parmentier « Strasbourg j’adore, on est bien accueilli et on peut profiter de la ville, c’est top. »

En cas de défection, le positivisme

Si l’accueil des joueuses est salué par les participantes, cela n’empêche pas certains forfaits de dernière minute. Une situation regrettable, mais pas regrettée par l’organisation des Internationaux de Strasbourg. « Cela arrivera tous les ans, on gère cela avec philosophie. On reste positif, on prend d’autres joueuses et cela se passe bien aussi. » avoue Denis Naegelen. Vu comment le tournoi est désormais ancré dans le circuit WTA, cela se passe même très bien.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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