Imran Khan, du cricket à la tête du pouvoir pakistanais

Imran Khan Pakistan Cricket

Imran Khan et son parti politique du PTI ont remporté les élections législatives pakistanaises. Un sacre politique qui fait du natif de Lahore le futur Premier ministre du Pakistan. Une victoire de plus pour celui qui est déjà entré au panthéon du cricket international.

En 1998, la France chantait « Zidane président ! ». En 2018, le Pakistan a élu à sa tête l’une de ses légendes sportives : Imran Khan. Si ce nom ne vous dit rien, c’est parce que le futur Premier ministre pakistanais a brillé en cricket. Grâce au sport, le natif de Lahore possède une aura incroyable qui précède sa vie politique. Le jeune Imran a baigné très tôt dans le cricket, le sport le plus populaire de son pays. A 16 ans, il intègre les clubs de Lahore pour pratiquer cette discipline populaire dans le Commonwealth. Quand plus tard, il quitte son pays natal pour la prestigieuse université d’Oxford, il continue de jouer. Et progresse. En 1971, à 19 ans, il goûte au plus haut-niveau avec son premier test-match. Le destin lui offre sa première cape sous le maillot du Pakistan face à l’Angleterre, le pays où il réside.

Imran Khan Premier Ministre Pakistan Cricket
Imran Khan a crée le PTI deux ans après sa retraite sportive.

Imran Khan : des espoirs, des records, un capitanat

Son diplôme en poche, l’homme aujourd’hui âgé de 65 ans s’installe durablement au sein de son équipe nationale. Sportivement seulement, puisqu’il continuera de résider en Angleterre. Au Pakistan, on lui pardonne son mode de vie tant ses performances sont incroyables. Il n’est plus qu’un simple sportif, il devient une icône. En 1982, année où il atteint son pic de forme, il bat des records et s’impose comme un des meilleurs bowlers de l’histoire de son sport. Tel un Kylian Mbappé du cricket, il fait tomber tous les records de précocité. Il a sécurisé 3000 runs et 300 wickets en seulement 75 sélections. Dans l’histoire de la discipline, seul Ian Botham a fait mieux (72). 1982 restera l’année de l’excellence pour Imran Khan. Il est également promu capitaine de l’équipe nationale du Pakistan. Talentueux, il sait comment faire briller ses coéquipiers dans son sillage. Pour sa deuxième apparition en tant que capitaine, il aide son pays à battre les Anglais chez eux pour la première fois depuis 28 ans. Une révolution qui a un goût de revanche sur l’ancien colonisateur. Son niveau de jeu fait de lui un véritable héros. Quand il se blesse en 1984, c’est le gouvernement qui cherche un traitement expérimental pour lui permettre de récupérer plus rapidement d’une fracture de fatigue.

L’appel du Général

Sous son aile, le Pakistan tutoie les sommets du cricket mondial. Une première pour un pays qui était encore sous pavillon anglais 40 ans plus tôt. Les Green Shirts enchaînent les exploits, remportant une série pour la première fois de leur histoire face au Sri Lanka, puis chez les Anglais. Imran Khan est une véritable fierté nationale. Mais en 1987, après une Coupe du Monde co-organisée avec l’Inde décevante, il décide de se retirer. Pas pour longtemps. Quand le Président du Pakistan, le Général Zia-Ul-Haq, demande à la star du cricket de reprendre du service, Imran Khan s’exécute. Dans un scénario digne de Bollywood, son retour est couronné de succès. Une tournée victorieuse dans les West Indies, et ça repart. Détail qui compte, l’ex-retraité est élu homme de la série pour son retour à la compétition. La signature d’un joueur d’exception. Si le Pakistanais a battu des records, remporté des victoires historiques, et glané les honneurs personnels dans son pays, il n’a toujours pas remporté de titre. La Coupe du Monde 1992 est la dernière chance offerte à ce joueur vieillissant. A 39 ans, il est parfois obligé de s’improviser batteur pour tirer le meilleur de son jeu. Le 25 mars 1992 à Melbourne, il réalisera un match historique. Une carte de 72, le wicket de la gagne et son pays se retrouve champion du Monde. Imran Khan peut se retirer en paix, la légende est écrite. Depuis, son pays n’a plus jamais goûté à un tel sacre. Le Kaptaan, lui, a réédité l’exploit de remporter la plus belle des victoires avec une formation qu’il mène à bout de bras : c’était il y a quelques jours, en politique.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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