Rugby : Des petites fleurs qui veulent passer le printemps

Les Juniors Japonais sont champions de deuxième division

La Coupe du Monde de rugby U20 a commencé ce mercredi dans le sud-ouest de la France. Outre les grandes nations du rugby, on retrouve le Japon, un petit poucet un peu particulier. Présentation.

Ce mercredi, le parc des sports et de l’amitié de Narbonne a accueilli un match international de rugby entre la Nouvelle-Zélande et le Japon. Pas de test-match farfelu ou de tournées exotiques, juste la première journée de la Coupe du Monde de rugby U20. Ce match a pu rappeler à certains l’affrontement entre ces deux sélections lors de la Coupe du Monde 1995, et un cinglant 145 à 17 en faveur des All Blacks. Un record alors. Depuis, même si le paysage du rugby a bien changé, les Baby Blacks se sont imposés (67-0). Mais ce n’est pas le plus important. Promis à une défaite face au tenant du titre, les Japonais visent une victoire bien plus importante à la fin de l’épreuve : le maintien.

Des étudiants contre des jeunes pros

Ce match était le premier round de David contre Goliath. Les Baby Blossoms (bébés fleurs en anglais, le surnom de cette équipe) en auront deux autres face à l’Australie et le Pays de Galles. Après cette phase de poules éreintantes, les matches de classement arriveront. Et en croisant le fer avec la Georgie ou l’Italie, la sélection asiatique pourra afficher son véritable potentiel. Un potentiel immense pour un pays qui est en pleine croissance dans le monde du rugby.

Alors que les joueurs adverses proviennent des centres de formation des meilleurs clubs locaux ou sont déjà professionnels, les Japonais sont majoritairement des étudiants. Hormis le premier ligne Yusuke Yamada et le troisième ligne Shota Fukui, tous les sélectionnés fréquentent encore le milieu universitaire. Grands espoirs de la discipline, ces deux joueurs ont déjà signé un contrat avec un club de Top League, un championnat qui a lui-même était longtemps semi-professionnel. Shota Fukui est l’un des grands espoirs du rugby au Japon.

A 18 ans, il s’est engagé avec les Panassonic WIld Knights. Cette formation a été sacrée cinq fois ces dix dernières années et a attiré Sonny Bill Williams ou Jacque Fourie par le passé. Alors que c’est un des joueurs les plus brillants de la génération 1999 , il était sur le banc pour le match contre la Nouvelle-Zélande. Un signe que l’ambition se trouve plus loin…

Shota Fukui rugby japon
Shota Fukui, un des plus jeunes joueurs de Top League (©Panassonic Wild Knights)

Princes du Pacifique

L’objectif clairement annoncé est d’éviter la dernière place, synonyme de relégation en Trophée mondial, la deuxième division. Les hommes de Satoru Endo en viennent. L’an passé, ils ont acquis leur montée grâce à un titre acquis face au Portugal (14-3). En disputant cinq finales dans l’antichambre mondiale, les Juniors Japonais ont prouvé qu’ils se trouvent à un entre-deux.

Un statut confirmé par les résultats acquis à l’échec locale. Les coéquipiers de Shinobu Fujiwara restent sur deux médailles d’argent au World Rugby Pacific Challenge. La preuve d’une montée en puissance. Si vous saupoudrez cette évolution d’une pincée d’exploits retentissants comme la récente victoire des U19 sur les U19 Irlandais, vous trouverez alors une équipe qui pourrait bien embêter de plus en plus de nations à l’avenir. Pour y arriver, il faudra franchir un cap. Avec seulement trois victoires en 20 matches de coupe du Monde U20, le bilan est encore maigre.

Un tremplin pour le Coupe du Monde de rugby 2019

A Satoru Endo de réussir son ikebana, « l’art japonais de faire vivre les fleurs » avec les Baby Blossoms Un maintien pourrait permettre de continuer à se frotter aux tout meilleurs pour progresser. Un exploit individuel pourrait offrir une sélection pour la Coupe du Monde de rugby 2019 à la maison.

Les joueurs en sont conscients, à l’image de l’ambitieux capitaine Hisanobu Okayama sur le site de la compétition. « Nous voulons montrer de quoi nous sommes capables, d’autant que nous pouvons compter sur de bons joueurs. D’ailleurs, c’est fortement possible que certains d’entre nous soient promus dans l’équipe senior et disputent la prochaine Coupe du Monde de Rugby 2019 au Japon. » Les Baby Blossoms espèrent un avenir ensoleillé pour s’épanouir. Mais pour connaître des lendemains fleuris, il faudra attendre que l’orage tout noir passe.

 

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

Tous les articles d’UnderSport

One Reply to “Rugby : Des petites fleurs qui veulent passer le printemps”

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *