Au Venezuela, le baseball ne connaît pas la crise

Baseball Venezuela

Enlisé depuis plusieurs années dans une crise économique extrêmement dure, le Venezuela vit des heures sombres sans parvenir à stopper l’hémorragie. Pourtant, le baseball et le softball, disciplines phares en Amérique, tirent leur épingle du jeu en débloquant des millions grâce… Au gouvernement.

À Prague, la Coupe du Monde de softball, cousin proche du baseball, bat son plein en ce mois de juin 2019 avec 16 nations se disputant le titre suprême. Parmi elles, les Etats-Unis, le Canada, les Pays-Bas… Et le Venezuela. Véritable sport national, bien plus puissant que le football par exemple, le baseball a toujours été dans la culture de ce pays aux 30 millions d’habitants.

Actuellement classée à la huitième place mondiale, l’équipe vénézuélienne de softball est en train de réaliser de belles performances en République Tchèque… Pendant que dans les rues du pays, on fait la queue des heures voire des jours entiers pour pouvoir espérer faire quelques courses. Une migration de masse vers la Colombie est aussi en cours pour espérer vivre de jours meilleurs.

Un stade de baseball flambant neuf

Mais alors que les vénézuéliens sont à bout de souffle, le baseball, lui, ne s’est jamais aussi bien porté : le stade “Hugo Chàvez”, la plus grande enceinte de baseball d’Amérique du Sud jamais construite, sera inaugurée à la fin du mois de juin 2019 selon un communiqué du gouvernement.

Le futur stade Rinconada
Le futur stade Rinconada

Mieux : en 2017, la ligue de baseball vénézuélienne s’est vu offrir une subvention du gouvernement avoisinant les 10 millions d’euros. L’objectif ? Payer les joueurs étrangers du championnat et garder un pouvoir d’achat pour l’équipement et l’organisation de la ligue.

Les joueurs sous haute protection

Willson Contreras, joueur de baseball de 27 ans aux Chicago Cubs et grande star de son pays, s’est mué en porte-parole du peuple et fervent supporter de l’opposition. Il décrivait la situation terrible dans son pays natal pour le Chicago SunTimes : “Je suis fatigué de voir de jeunes enfants ou des retraités mourrir parce qu’ils n’ont rien à manger. J’arrive à faire la part des choses entre cette situation et le terrain, parce que je sais que je ne peux rien faire d’autres que d’utiliser ma voix.”

Mais si les joueurs vénézuéliens sont à l’abri de cette crise aux Etats-Unis, le son de cloche n’est pas du tout le même pour leurs familles, souvent restées au pays. Et c’est dans l’angoisse la plus totale que les sportifs professionnels attendent des nouvelles de leurs proches, car les tentatives d’enlèvements contre rançons se multiplient ces derniers mois.

Pire, Wilson Ramos, joueur des New York Mets, a subi en novembre 2011 un enlèvement par trois personnes à son domicile familial, au Venezuela. Il sera retrouvé deux jours plus tard par les autorités. Une expérience traumatisante qui a poussé depuis plusieurs joueurs à engager des gardes du corps pour protéger leurs familles.

Wilson Ramos, joueur de baseball vénézuélien
Wilson Ramos, joueur de baseball vénézuélien

Si le sport garde ce pouvoir presque unique de fédérer ou encore de faire rêver, jusqu’où sera la limite pour une telle situation ?

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Matthieu Guillot (@Guillot_Matt)

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