Hockey sur gazon : Le conte de fées des joueuses irlandaises

équipe d'Irlande de hockey sur gazon féminin

L’équipe d’Irlande de hockey sur gazon féminin a atteint la finale des championnats du Monde, cet été. Un exploit incroyable pour l’équipe qui était considérée comme la plus faible du tournoi. Retour sur cet incroyable conte de fées.

Durant l’été, de nombreuses disciplines organisent leur championnat continental ou mondial. Avec une médiatisation plus ou moins importante. Si la deuxième place de la Croatie à la Coupe du Monde de football n’a échappé à personne, la médaille d’argent mondiale gagnée par l’équipe d’Irlande de hockey sur gazon féminin est un exploit encore plus grand. Comme si la Russie était allée jusqu’au stade Loujniki pour perdre contre la France devant des milliards de téléspectateurs. Pourquoi la Russie comme comparaison ? Car comme l’Irlande à la Coupe du Monde de hockey sur gazon féminin, il s’agissait de la nation au deuxième plus mauvais classement mondial. Ayeisha McFerran est revenue avec UnderSport sur cet exploit historique.

L’Irlande, un petit poucet finaliste

Au moment de commencer le tournoi à Londres, la sélection irlandaise est déjà heureuse d’être qualifiée. A la faveur de l’augmentation du nombre de participants à la phase finale, elle a pu passer le cut pour la première fois depuis 2006. Composé uniquement d’amatrices, le groupe a le temps de faire une préparation à la hauteur de l’évènement. « On a eu la chance de pouvoir faire beaucoup d’entraînements ensemble avant le tournoi. On a disputé plus de 15 matches amicaux en deux mois et demi. On a eu l’occasion de progresser et de travailler en groupe en conditions réelles. » analyse après-coup la gardienne. L’équipe est prête dès le début de la compétition et remporte ses trois matches de poules. En finissant premier du groupe B devant les Anglaises qui évoluent à domicile, l’Irlande valide une qualification directe pour les quarts de finale.

Un tournant dans l’état d’esprit de l’effectif. Et l’accès à une voie royale pour établir une performance historique. « On a compris que l’on réalisait quelque chose de spécial avec ce premier tour réussi. Personne ne nous voyait finir en tête. On a vraiment été unies par ça. Mais on n’a pas eu le temps de trop savourer, car il y avait toujours un match à préparer. » analyse celle qui a été élue meilleure gardienne de la compétition. Les filles entraînées par Graham Shaw ont besoin des tirs au but mais elles écartent l’Inde puis l’Espagne pour atteindre la finale de la Coupe du Monde face à l’ogre néerlandais.

Ayeisha McFerran, une gardienne en or pour une médaille d’argent

« Rentrer dans le stade pour jouer la finale, c’est le meilleur souvenir de cet été. Quand ils annoncent Irlande contre Pays-Bas, que la foule se lève, c’est incroyable. Il y avait beaucoup de supporters irlandais, leur soutien était phénoménal. Je ne l’oublierai jamais » explique la joueuse de 22 ans. Mais cela ne suffit pas pour réaliser le casse du siècle. Les Pays-Bas font respecter la logique et s’imposent largement (6-0). Mais qu’importe, l’histoire est déjà écrite. Et surtout, elle est magnifique. « Finir deuxième de la Coupe du Monde est un rêve qui devient réalité. Se qualifier était un objectif collectif mais on savait qu’avec notre excellente préparation on pouvait faire quelque chose. On était un groupe sur et en-dehors du terrain, ce qui nous a permis de performer. » analyse Ayeisha McFerran.

Et elle est encore plus belle pour elle qui se retrouve propulsée sur le devant de la scène grâce au niveau de jeu qu’elle a proposé durant toute la compétition. « Être élue gardienne de la compétition, c’est la cerise sur le gâteau. Je n’avais aucune volonté de gagner ce trophée, je restais juste concentrée sur les arrêts à faire pour permettre à l’équipe de réaliser de solides performances. » Cette expérience n’a peut-être pas changer leur vie, mais il y aura un avant et un après Londres 2018. « On a gagné le soutien et la reconnaissance. L’attention que l’on nous porte a incroyablement progressé. On a prouvé au reste du Monde que nous, les Irlandaises, on pouvait se qualifier mais également jouer un rôle dans les grands tournois. »

Le Hockey sur gazon, un sport en pleine croissance

Cette médaille d’argent a éveillé l’appétit de ces joueuses peu habituées à être dans la lumière. Dès le lendemain de la finale, l’équipe féminine de hockey sur gazon a été reçue par le Ministre des Sports irlandais. Il leur a promis une enveloppe financière pour les aider dans leur futurs projets. Comme pour de nombreux athlètes, c’est Tokyo 2020 qui est dans la ligne de mire. Un objectif insensé, il y a encore peu. Non seulement à cause du statut de l’équipe mais également de ses ressources financières. Désormais, c’est possible. Et les Irlandaises veulent répéter la même recette pour goûter aux mêmes succès. « L’objectif est maintenant de se qualifier pour Tokyo. C’est notre prochaine grande étape. Cela passe par une performance au championnat d’Europe l’été prochain. Mais surtout, on va profiter de chaque instant possible pour travailler ensemble et encore progresser. »

Une croissance parallèle à celle d’un sport qui s’est fait sa place dans une société irlandaise fan de Football gaélique et de Hurling. « On espère un jour atteindre ce niveau d’exposition. De plus en plus d’enfants jouent au hockey sur gazon. C’est déjà un bon signe pour l’avenir. » explique la gardienne qui évolue à l’Université de Louisville, aux Etats-Unis. Avec une base grandissante, l’Irlande aura alors les moyens de répéter ce genre de performances, sans que plus personne ne parle d’exploit.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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