Mais pourquoi les tribunes des grands courts de Roland Garros sont-elles vides ?

Il est un peu plus de 18h sur le court Philippe Chatrier en ce jeudi 30 mai. Il fait beau, c’est un jour férié, Lucas Pouille glisse sur la terre battue et galère face à Martin Klizan. Et pourtant, ça sonne creux. Très creux même. Si toutes les conditions semblent être réunies, le public, lui, ne pousse pas un des espoirs tricolores sur la terre parisienne.

Même chose pour le Suzanne Lenglen, avec Simona Halep, tête de série numéro 3 et tenante du titre à Auteuil, qui affronte Magda Linette sous des applaudissements discrets. Un peu moins vibrant certes qu’un Lucas Pouille, mais quand même, que se passe-t-il ?

Cela fait maintenant plusieurs années que Roland Garros a clairement affiché sa ligne de conduite : faire du Grand Chelem une expérience que l’on traduira de prenium pour les spectateurs… Avec les prix qui vont avec.

Les prix pour pouvoir poser ses fesses sur un siège à Roland un 30 mai

80€ donc pour 4 matches et tout en haut du nouvel écrin, où vous pourrez sentir le premier les gouttes d’eau.

65 euros, tarif minimum pour un “grand court”

Avec la rénovation du Chatrier et la création du court Simonne-Mathieu dans les serres d’Auteuil, Roland Garros s’est fait une beauté pour pouvoir faire vivre une nouvelle expérience aux amateurs de la balle jaune. Pourtant rien à faire visiblement : les deux grands courts sont abandonnés. Quand on compare à l’ambiance de feu qu’a vécu Antoine Hoang lors de sa victoire face à Verdasco, vieux briscard de la terre battue, sur le court numéro 1, on serait presque à se demander où faire jouer les Français…

Préférence pour les courts annexes

On voit aussi la différence de prix entre 4 matches sur le court Philippe Chatrier ou le Lenglen de 65 à 85€… Et le prix pour une journée sur les courts annexes. Pour 32 €, les spectateurs ont par exemple, en cette journée, vivre un Khachanov – Barrere, un Simon – Barruso, un Fognini – Delbonis, un Barty – Collins… Et même pourquoi pas une fin de journée sur ces fameux courts principaux.

En effet, le succulent Paire – Herbert de ce mercredi 29 mai a été ouvert à tous sur le Lenglen vers le quatrième set ! Un cadeau des organisateurs, pour pouvoir, aussi, pousser les deux tricolores vers un match qui restera dans les mémoires des joueurs et des supporters.

Ou reste donc la solution Simonne-Mathieu, au même prix que le Lenglen, mais avec l’atout de la proximité avec les joueuses et les joueurs, où on pourrait presque sentir la sueur des athlètes.

Des journées trop longues ?

Malgré le prix, pourtant, les places partent comme des petits pains. Cette journée du 30 mai était affichée complet sur le Chatrier et le Lenglen. En 2018 même, 480 500 spectateurs étaient présents, soit une augmentation d’1,8%.

Quid donc des supporters partis trop tôt ? Peut-être un peu moins passionnés mais juste venus pour vivre “l’ambiance Roland” l’espace d’une rapide après-midi en se permettant ce “luxe” ? C’est possible. Il y a donc deux camps : les détenteurs d’un billet “courts annexes” qui font la queue pour un placement libre sur les 11 terrains disponibles, prêts à vivre la journée jusqu’à la dernière balle de match, et les spectateurs avec les précieux sésames Chatrier et Lenglen qui préfèrent peut-être se balader dans les allées de la Porte d’Auteuil et de partir visiblement avant la fin. Sans parler des fameuses loges réservées aux entreprises, qui font tant débats car peu remplies la plupart du temps.

Pourquoi donc les tribunes des grands courts de Roland Garros sont-elles à moitié vides ? Difficile de répondre totalement à cette question…

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Matthieu Guillot (@Guillot_Matt)

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