Rory Sabbatini, la folie verte

Rory Sabbatini golf

Le monde du golf pourrait paraître assez calme pour les observateurs occasionnels. Pourtant, certains golfeurs professionnels arrivent à mettre leur grain de sel pour offusquer, voire même choquer. C’est le cas de Rory Sabbatini, qualifié pour l’US Open, un des tournois majeurs du circuit.

Vous avez peut-être aperçu le nom de ce golfeur il y a peu. Le 13 juin, Rory Sabbatini a réussi un trou en un sur le 12 du parcours de Pebble Beach en Californie. Une performance rare qui a évidemment fait vibrer les supporters et qui a fait le tour du monde.

Un coup qui résume bien la philosophie du joueur slovaque : aller droit au but. Et ce raisonnement lui a valu quelques commentaires peu élogieux à son encontre : “Rory Sabbatini est-il le golfeur le plus méchant dans le monde du golf ?” écrivait The Versed, ou encore le New York Times qui titrait : “Sabbatini est là pour gagner des tournois, pas pour se faire des amis”.

Rory Sabbatini a envoyé balader Tiger Woods

À ce jour, le golfeur âgé de 43 ans est avant tout connu pour sa force de frappe, mais aussi pour avoir réalisé quelques frasques avec le titan de la petite balle blanche. En 2007, au Wachovia Championship, Sabbatini est en tête devant Woods avant la dernière journée. Déjà une belle performance. Malheureusement pour lui, il explose totalement dans le money time et laisse le Tigre s’envoler avec cinq coup d’avance. De quoi rester de marbre ? C’est mal le connaître.

À l’issue de la dernière journée, Rory Sabbatini lancera : “C’est drôle, parce qu’après l’avoir vu jouer aujourd’hui, je trouve que Tiger n’a jamais été aussi facile à battre” avant d’ajouter : “Je ne suis pas là pour le regarder jouer. Je suis là pour gagner.”

Cette phrase ne restera pas dans l’oubli. Quelques mois plus tard, au Bridgestone Invitational, le golfeur ira se chauffer en plein parcours avec un spectateur qui semblait le chambrer avec cette histoire. Pour clore cette belle histoire d’amitié, Sabbatini a carrément annulé sa participation à un tournoi organisé par… Tiger Woods et reste aujourd’hui le seul joueur à s’être désisté de cette compétition, le Target World Challenge. Recordman.

Rory le golfeur sanguin

Sabbatini n’aime pas quand tout ne se passe pas comme il le voudrait. Et il sait le faire savoir. En 2005, au Booz Alen Classic, Rory Sabbatini joue dans la même partie que Ben Crane, un golfeur connu pour… prendre son temps. Un peu trop pour le natif de Durban. La journée est longue, très longue et vient le 17ème trou. Si proche de l’arrivée, Rory Sabbatini n’en peut plus et vient déroger à une des plus grandes règles du golf : jouer les uns après les autres.

Rory Sabbatini, à gauche

Sabbatini claque alors son deuxième coup… Puis enchaîne les autres sans attendre son partenaire de parcours. Même chose au 18, où il viendra jouer ses deux derniers coups sans attendre la longue préparation de Ben Crane. Pas de sanction particulière pour lui, mais encore un petit dérapage qui vient s’ajouter au personnage. D’ailleurs, quelques années plus tard, Sabbatini a préféré rire de ce statut de terreur des greens dans une interview.

25% des joueurs du Tour disent que le joueur avec qui ils ne voudraient pas jouer, ce serait moi selon un d’entre eux. Moi, je ne connais pas 25% des joueurs pros, et il y a probablement 25% de joueurs avec qui je ne voudrais pas jouer.

NY Times

Il y a au moins une chose avec laquelle Rory Sabbatini ne jouera plus : c’est ce gant déchiré lors de l’US Open 2013, après que le Slovaque ait raté une approche.

Rory Sabbatini le calculateur ?

La dernière controverse reste aujourd’hui un peu dans le flou. En 2011, Rory Sabbatini est Sud-Africain. Il prend part au tournoi de Honda Classic et le remporte. Il va aussi faire une rencontre imprévue avec une certaine Martina Stofaníková, d’origine slovaque. Un rendez-vous inattendue qui va donner lieu à un tournant dans la vie du golfeur : il met fin à son mariage et choisi finalement de passer sa vie avec Martina.

Rory a donc la possibilité d’avoir une quatrième nationalité. Afrique du Sud par naissance, Angleterre et États-Unis, Sabbatini est un globe trotter. Mais en Slovaquie, la concurrence autour du golf est quasi-nulle. Et ça tombe bien : le cousin de sa nouvelle conjointe est vice-président de la Fédération Slovaque de golf.

Finalement, depuis décembre 2018, Rory Sabbatini obtient la nationalité slovaque et peut désormais… représenter son nouveau pays sans trop de concurrence aux prochains Jeux Olympiques, à Tokyo 2020. Les planètes étaient-elles alignées pour le golfeur ? “C’est l’occasion d’encourager plus de jeunes slovaques à se mettre au golf parce qu’ils n’ont pas de joueurs particuliers à suivre sur le plateau international. Ici, c’est surtout le hockey, le tennis…” expliquera-t-il à AP.

Au-delà de ses choix, Rory Sabbatini reste un personnage important de ce monde de la balle blanche où, quelques fois, il est difficile de vibrer sur le fairway.

Matthieu Guillot (@Guillot_Matt)

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