Sofia Sakorafa, une recordwoman du Monde au Parlement européen

Parlement européen

L’Europe est appelé aux urnes ce dimanche pour renouveler le Parlement européen. Parmi les 751 députés sortants, l’une d’entre elles a régné sur le monde du sport avant de se mettre au service de l’Union européenne : Sofia Sakorafa.

Depuis 2014, Sofia Sakorafa occupe les bancs du Parlement européen, entre Bruxelles et Strasbourg. Mais avant sa carrière politique, la native de Trikala s’illustrait dans les stades du monde entier. La députée européenne grecque a derrière elle une carrière longue de 15 ans dans le lancer de javelot. Ses performances sportives ont fait lever les foules avant de lui permettre de gagner un siège lors des élections européennes 2014.

Un lancer de javelot historique

A seulement 15 ans, elle débute au plus haut-niveau en 1972. Grand espoir de la discipline, elle est confrontée à Anna Verouli sur la scène nationale et bat le record de Grèce à 17 reprises. Celle qui est aussi étudiante à l’Université Aristote de Thessalonique a participé aux Jeux olympiques à deux reprises. Mais ni à Montréal en 1976, ni à Moscou quatre ans plus tard, elle ne décroche une médaille. Révélée très tôt, c’est dans la secondes moitié de sa carrière que Sofia Sakorafa s’illustre sur la scène internationale. Une médaille d’or aux Jeux méditerranéens de 1979 lui permet d’écrire une première ligne à son palmarès, encore loin des lois qu’elle allait voter quelques années plus tard. 1982 est l’année de sa consécration sportive avec une médaille de bronze aux championnats d’Europe disputés dans son pays, à Athènes. La même année, la sportive bat le record du Monde du lancer de javelot avec une marque à 74,20 mètres.

Un record qui n’a été battu qu’avec l’instauration de nouveaux javelots en 1999. Une performance de taille qui n’a jamais été confirmée dans un grand championnat par celle qui remporte une médaille de bronze aux Jeux méditerranéens de 1987, pour sa dernière saison en tant qu’athlète. Professeure d’EPS pendant de longues années, Sofia Sakorafa bascule dans le monde politique en 1994.

Une pige pour la Palestine dix ans avant de rejoindre le Parlement Européen

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La retraitée des pistes rejoint le PASOK, le mouvement socialiste panhellénique. Son passé lui permet de devenir conseillère auprès du Ministre grec des sports. Mais très vite, elle endosse de nouvelle responsabilité. En 1994, elle intègre le conseil municipal d’Athènes. Huit ans plus tard, elle rejoint celui de Maroussi toujours sous l’étiquette PASOK. De 2000 à 2014, l’ex-lanceuse de javelot a été membre du parlement grec et a participé à plusieurs comités dont le groupe parlementaire pour l’amitié avec la Palestine. Cet engagement lui a permis d’obtenir la citoyenneté palestinienne en 2004 de la part de Yasser Arafat. Luttant pour une solution à deux états au Moyen-Orient, elle est consciente de l’importance du sport pour faire passer un message de paix. Elle tente alors de participer aux Jeux olympiques d’Athènes sous la bannière palestinienne. Lors de son retour à la compétition, l’ancienne recordwoman du Monde profite des nouveaux matériaux pour battre son record personnel avec un lancer à 47,23m lors d’un meeting à Chania. Sa tentative de participer aux JO pour la troisième fois est vaine mais a le don de provoquer la controverse. Comme un passage de témoin entre le monde du sport et celui de la politique. Sa dernière compétition a été sa première polémique d’ampleur.

L’adversaire de Sofia Sakorafa ? L’austérité

Six ans plus tard, en 2010, son parti de toujours l’expulse suite à son refus de voter en faveur de nouvelles mesures d’austérité. Un temps indépendante, elle gonfle les rangs de Syriza en 2012. C’est avec le parti au pouvoir grec que la femme politique a intégré le Parlement européen en 2014. Elue députée européenne, elle rejoint plusieurs comités et dirige notamment la délégation aux relations avec les pays d’Amérique centrale. Engagée, elle change de parti à la fin de l’année 2018. Face aux mesures d’austérité que Syriza s’apprête à voter, elle prend son indépendance. « Je ne peux pas me battre en faveur d’un gouvernement qui prend des mesures qui font du mal à la population », expliquera-t-elle. La femme de 62 se retrouve dans un parti de gauche tout juste crée par Yanis Varoufakis : MeRA25. Ce parti s’apprête à vivre sa première élection et pourra compter sur une femme qui est sur le devant de la scène depuis près de 50 ans pour tenter de gagner des sièges aux élections européennes de ce dimanche.

Nicolas Kohlhuber (@KohlhuberN)

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